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Collaboration par réseaux : Apprendre de l’apostolat social en Europe

15 juillet 2016
Le Réseau Jésuite est une initiative internationale visant à favoriser l’émergence de l’innovation collaborative pour la mission universelle dans le corps apostolique jésuite. En Novembre 2015, le réseau pour la justice s’étant réuni a mis ensemble les principaux réseaux de justice mondiale de l’apostolat social de la Compagnie de Jésus à Loyola en Espagne pour évaluer et promouvoir la mise en réseau comme un outil important dans la lutte pour la justice. Crédit photo: Réseau Jésuite

Le Réseau Jésuite est une initiative internationale visant à favoriser l’émergence de l’innovation collaborative pour la mission universelle dans le corps apostolique jésuite. En Novembre 2015, le réseau pour la justice s’étant réuni a mis ensemble les principaux réseaux de justice mondiale de l’apostolat social de la Compagnie de Jésus à Loyola en Espagne pour évaluer et promouvoir la mise en réseau comme un outil important dans la lutte pour la justice. Crédit photo: Réseau Jésuite

José Ignacio García, SJ (Traduit de l’Anglais par Setibo Batuzolele, SJ)

Parfois, le voyage le plus évident n’est pas forcément facile à entreprendre.  Tel est le cas avec la collaboration par le biais des réseaux.  Qu’il s’agisse d’institutions similaires engagées dans des activités similaires, chacune d’elle étant jésuite ou ignatienne ; peu importe qu’elles fassent partie de la même organisation, le fait est que la collaboration n’est pas toujours évidente.

En Europe, particulièrement, notre tradition reflète peu de collaboration.  Il y a un certain degré de connaissance de son importance, mais malheureusement, nous devons reconnaître qu’il y a eu peu de collaboration jusqu’il y a quelques années.

Il est difficile de procéder à une analyse précise des raisons qui nous ont gardés dans un état prolongé d’inaction respectueuse.  Pendant des années, nous avons lancé les «euro-groupes» de toutes sortes: écoles de philosophie, les facultés de théologie, maître des novices, les écoles primaires et secondaires, les élèves des Jésuites, l’apostolat de la prière, des spécialistes en œcuménisme ou aumôniers universitaires.

Dans les meilleurs cas, ces groupes ont eu à partager les «meilleures pratiques», mais il est très difficile d’accepter le fait qu’ils ont été de vrais «groupes de travail» ou des réseaux actifs.  Nous avons appris des uns des autres, et c’est ce qui explique le terme «respectueux,» mais on n’a pas réussi à travailler ensemble, d’où «l’inaction.»  Les raisons culturelles et linguistiques, aussi bien que les traditions, pourraient expliquer la difficulté à travailler ensemble.  Malheureusement, nous avons transmis l’idée de groupes qui existent seulement pour nous rencontrer et cela a réduit encore plus l’intérêt à aller vers une plus grande collaboration.

Cependant, il y a environ 10 ans, nous avons investi dans certaines de ces dynamiques, et aujourd’hui, nous avons des groupes en Europe qui montrent une grande créativité et une capacité à travailler ensemble.  Dans une vidéo de deux minutes produite par le Réseau Jésuite, j’ai partagé les différents défis du travail en réseau en Europe, non pas seulement dans l’apostolat social.  Ces défis font partie de la réalité que nous devons affronter au quotidien.

Dans l’apostolat social européen, il existe actuellement deux réseaux qui montrent qu’il est possible de travailler d’une manière différente.

Tout d’abord, le Service Jésuite des Réfugiés (JRS) en Europe, tout en conservant une grande autonomie pour les équipes nationales respectives, mène des recherches sur la situation des centres de détention ou sur la vulnérabilité des demandeurs d’asile dans toute l’Europe.  Le JRS en Europe est en mesure d’effectuer des recherches solides sur le terrain qui lui permet une forte présence à Bruxelles, en donnant la parole à ceux qui sont en détention ou aux demandeurs d’asile.

Le deuxième réseau qui mérite d’être mentionné est le Réseau Xavier, formé par les bureaux Jésuites de mission et des ONG de développement en Europe.  Ce réseau montre comment il est possible d’effectuer un saut qualitatif et partager les meilleures pratiques pour assister en situation d’urgence, former des bénévoles, mener à bien des projets communs et soutenir les initiatives de plaidoyer.  Le Réseau Xavier est un brillant témoignage que la collaboration effective est possible.

Qu’avons-nous appris au fil des ans en favorisant la mise en réseau?

Tout d’abord, nous devons accepter et reconnaître notre diversité.  Il y a une tendance inconsciente menant le réseau vers l’uniformité.  C’est seulement lorsque nous sommes en mesure de respecter et apprécier nos différences (langue, taille, capacité), que nous sommes en mesure d’atteindre une participation active.

Deuxièmement, nous avons besoin d’identifier des objectifs réalisables et ambitieux.  Nous ne pouvons pas promouvoir la collaboration pour faire de petites choses, nous avons besoin d’un certain degré d’ambition – réalisable – pour que nous puissions aller de l’avant.

Troisièmement, nous avons besoin de renforcer les capacités du réseau (principalement sous forme de communication) et il faudrait qu’il y ait un cœur, avec des ressources suffisantes et la capacité à soutenir le réseau, en particulier pendant les moments où certains membres du réseau, en raison de difficultés, sont moins actifs.

Quatrièmement, nous devons nous assurer que les réseaux sont à l’horizon du gouvernement de la Compagnie de Jésus, comme les Provinciaux, les Conférences des Provinciaux, etc. Sinon, nous courons le risque de générer des groupes fermés qui ne sont pas en interaction avec la mission.

Et enfin, nous avons besoin de soutenir les groupes qui ont une perspective stratégique : tous les groupes ne pas sont égaux et ils ne sauront atteindre le même niveau de collaboration, d’où nous devons offrir davantage de soutien à ceux qui sont intéressés et motivés. La réponse la plus bureaucratique d’essayer de traiter chaque réseau de manière égale a été un échec.

Nous devons identifier les groupes les plus dynamiques et les soutenir de manière plus décisive. Ces groupes sont ceux qui doivent nous aider à imaginer un avenir où le réseautage est la nouvelle norme.

Cet article a paru dans le Réseau Jésuite.

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Ce message est également disponible en: Anglais, Espagnol

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