moved here

Les manifestations des Standing Rock et les préoccupations des Nations Unies sur les droits humains et les peuples autochtones

30 novembre 2016
Crédit photo: insideclimatenews.org

Crédit photo: insideclimatenews.org

Les membres de la tribu Sioux de Standing Rock ont recueilli le soutien de dizaines d’autres tribus du Dakota du Nord aux États-Unis au cours des derniers mois pour protester contre le pipeline Dakota Access de 1.172 miles (1.890 km) proposé en 2014 mais qui devrait être terminé cette année.

Le gazoduc, dont l’investissement prévu est de 3,8 milliards de dollars américains et qui sera construit par les Energy Transfer Partners basés au Texas, transportera quotidiennement 570.000 barils de pétrole brut fracturé du champ pétrolifère de Bakken au Dakota du Nord vers une raffinerie près de Chicago.  Avec le développement du fracking dans le schiste bitumineux riche en pétrole, le pipeline relie ces puits de pétrole aux marchés de consommation et parcourra une route tortueuse à travers le Midwest et dans l’Oklahoma, expédiant aussi bien le pétrole au Golfe du Mexique.

Le projet a suscité des controverses alors que le gazoduc traverserait la rivière Missouri, source principale de l’eau potable pour le Sioux Standing Rock, et traverserait des cimetières sacrés.

Les revendications des Standing Rock portent sur trois grandes conséquences du Dakota Access Pipeline.  Tout d’abord, le pipeline détruit des sites sacrés, les lieux où leurs ancêtres sont enterrés.  Deuxièmement, le pipeline a des impacts physiques directs sur le territoire, le déplacement des terres et la pollution de l’eau, et les manifestants estiment que le projet représente une menace importante pour la qualité de l’eau potable.  Troisièmement, il y a des risques d’accidents dus aux fuites et ruptures, aux catastrophes qui se sont produites dans les oléoducs et les gazoducs.  Dans un rapport publié par Time, l’Administration de la sécurité des pipelines et des matières dangereuses du ministère américain des Transports a signalé plus de 3 300 incidents de fuites et de ruptures depuis 2010.

La protestation a attiré l’attention du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits humains par l’entremise de son rapporteur spécial sur les droits des peuples autochtones, Victoria Tauli-Corpuz, qui a invité le gouvernement des États-Unis à mettre un terme à la construction du gazoduc, vus les risques relatifs à l’eau potable, et à la destruction des cimetières et sites sacrés des Sioux Standing Rock.

« La tribu n’a pas accès à l’information et a été exclue des consultations au stade de la planification du projet ; et les évaluations environnementales n’ont pas révélé la présence et la proximité de la réserve des Sioux », a souligné le Rapporteur spécial.  « Conformément à leur engagement à appliquer la Déclaration sur les droits des peuples autochtones, les États-Unis devraient consulter les communautés touchées et garantir leur consentement libre et éclairé préalablement à l’approbation de tout projet affectant leurs terres, en particulier en rapport avec les industries des ressources extractives », a déclaré Mme Tauli-Corpuz.

Le Secrétariat de l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones a également publié, le 22 novembre 2016, une déclaration sur l’escalade de la violence contre les manifestants non armés sur le chantier de construction, après avoir mené une enquête.

  1. Álvaro Pop Ac, président de l’Instance permanente sur les questions autochtones, ainsi que le Dr Dalee Dorough et le chef Edward John, experts membres de l’Instance permanente sur les questions autochtones, « condamnent les conditions aggravées qui ne cessent d’empirer près des territoires tribaux Sioux Standing Rock. »

Et tout en comprenant « que le président élu Trump est l’un des actionnaires de Energy Transfer LLC – la société qui entreprend la construction du pipeline Dakota Access », ils « demandent au président élu d’utiliser sa capacité de suspendre la construction qui affecte la conformité de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et viole les droits humains des peuples autochtones. »

« Un pas dans cette direction serait un signal positif vers la recherche d’une solution pacifique aux problèmes entourant le manque de consultation et d’approbation des peuples Sioux Standing Rock, ainsi que la reconnaissance de leurs droits aux terres, territoires et ressources en relation avec le projet Dakota Access Pipeline », recommande la déclaration.

Print Friendly

Ce message est également disponible en: Anglais, Espagnol

Tags: , , , , , , , , , ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *