moved here

Pour une bienveillance et une louange actives pour notre maison commune à travers une écologie intégrale

29 juin 2015
Travaillant avec et accompagner une communauté riveraine à Leyte, Philippines pour identifier un site de construction plus sécure, avec Pedro Walpole, SJ de ESSC et Klaus Väthröder, SJ de Réseau Xavier. Crédit photo: ESSC

Travaillant avec et accompagner une communauté riveraine à Leyte, Philippines pour identifier un site de construction plus sécure, avec Pedro Walpole, SJ de ESSC et Klaus Väthröder, SJ de Réseau Xavier. Crédit photo: ESSC

Sylvia Miclat

L’encyclique papale Laudato si’ est un appel aux hommes et femmes du 21ème siècle pour le changement et l’action. Même si, techniquement, une encyclique est une lettre aux évêques, l’intérêt et la ferveur Laudato si’ est en train de générer va beaucoup plus loin que les évêques et les communités des catholiques à travers le monde.

C’est une encyclique qui parle au monde à propos des réalités d’aujourd’hui, systématiquement et constamment jumelant le social et l’environnement, et en ce sens, tend la main à tous ceux et toutes celles qui cherchent le changement et sont prêts à faire quelque chose en ce sens. Le Pape nous rappelle constamment à attirer au coeur des discussions et du discours sur l’environnement et l’économie ceux qui sont dans les marges, ceux qui sont exclus. Pour le Pape François, l’environnement mondial et l’environnement humain s’améliorent ou se détériorent ensemble.

Reconnaissant que beaucoup ont déjà parlé et écrit sur le sujet, l’encyclique est remplie de citations et passages de ses prédécesseurs et de conférences épiscopales antérieures de partout dans le monde. Les consultations qu’il avait entreprises avec la communauté scientifique et des leaders dans le monde des affaires, de l’économie, des agences de développement, et d’autres secteurs clés du développement donnent de la rigueur et la crédibilité quand il explique l’impact du changement climatique et comment les limites planétaires que nous devons garder à vue pour un espace de fonctionnement sûr pour l’humanité sont largement dépassées par l’activité humaine. Dans le même temps, il y a une déception sévère sur l’inefficacité des négociations internationales sur le changement climatique et les souris qu’accouchent ces montagnes.

Ce qui est vraiment rafraîchissant dans la lecture de ce long document c’est le sérieux avec lequel il tente de communiquer authentiquement à presque tout le monde et tous ceux et celles qui peuvent lire et ont quelque formation universitaire. Voilà son auditoire et c’est ce groupe qui constitue sa cible pour l’action. Il offre un espace pour presque tout le monde dans cette encyclique, quelle que soit la profession ou de le champ de travail et l’intérêt. Il est un document presqu’intrusif, sauf pour ceux qui vont rester insensible et arrogant.

Le Pape François est à propos quand il décrit les changements qui ont lieu dans notre maison, pourquoi ceux-ci sont en cours, et nos actions et pratiques qui contribuent à cette dégradation. Il a “domestiqué” la notion de “bien commun” quand il a choisi d’utiliser “maison commune” rendant ainsi plus personnelle notre conception de l’environnement et ressources communs.

Laudato si’ est également saupoudré avec des phrases et des termes qui nous appellent à être bienveillants, à être compatissants, à être miséricordieux, apparemment que des mots “douces.” Mais en-dessous de cette douceur apparente sont aussi des mots brutaux et sévères pour ceux qui restent indifférents, non-compatissants quand il décrit les forces et les pouvoirs qui poussent le monde vers un tourbillon incessant de consumérisme sans fin et qui établissent une culture du jetable.

La bienveillance, la compassion et la miséricorde doivent présumer une passion active, et non pas la passivité. Le Pape François décrit les approches et les actions pour répondre effectivement à cette crise écologique, fournissant une liste très pratique de questions qui doivent être posées pour discerner si ce que nous faisons contribue à un véritable développement intégral. “Qu’accomplira-t-il? Pourquoi? Quand? Où? Comment? Pour qui? Quels sont les risques ? Quels sont les coûts? Qui va payer ces coûts et comment?” Cette série de questions peut devenir un guide universel pour tout ce que nous voulons faire, même dans nos vies quotidiennes.

Cette universalité et mondialisation des actions nous devons y répondre localement au sein de nos institutions, de nos foyers et nous-mêmes comme un appel à un sens renouvelé de relations et de louange et de gratitude pour la création de Dieu. Et même pour les non-croyants qui sont étreints dans la maison commune, leur contribution est essentielle et fait partie de la réponse globale.

Le terme “écologie intégrale,” peut-être peu familier à beaucoup, décrit mieux la conversion intérieure que le Pape François cherche en chacun de nous afin que nous puissions apporter le changement dont nous avons besoin dans le monde autour de nous et la réconciliation avec nos voisins, avec nous-mêmes, et avec Dieu. Nous sommes les réponses à nos questions et les solutions à nos problèmes.

Laudato si’ lance donc un appel à ceux d’entre nous qui habitons la région Asie-Pacifique, qui abrite 4,2 milliards de personnes, soit près de 60% de l’ensemble de la population mondiale. De ceux-là, 717 millions sont des jeunes âgés de 15 à 24 ans, qui est aussi environ 60% de la jeunesse du monde qui sont confrontés à des obstacles pour accéder à des moyens de subsistance durables en raison de l’éducation, l’emploi, et les défis de la santé (UNESCAP 2014).

C’est une région de croissance économique stable et si les tendances d’urbanisation continuent, une estimation de 500 millions de personnes supplémentaires vivront dans des villes d’ici 2020. Mais ceci est une croissance socialement injuste car elle n’affecte pas la majorité qui sont pauvres, notamment les communautés autochtones pour lesquelles le Pape François a en particulier demandé beaucoup plus d’attention et de bienveillance. La région abrite également les deux tiers de ceux vivant en-dessous du seuil de pauvreté, environ 750 millions de personnes vivent avec moins de 1,25 US $ par jour, et le nombre doublerait si nous mettons cette barre à 2,00 $ US par jour (UNESCAP et le PNUD 2014).

Cette situation sociale et économique dans cette région du monde est accompagnée d’une base des ressources naturelles menacées, de la perte des forêts et de la biodiversité, de la dégradation des sols, des océans et du milieu marin, des événements météorologiques extrêmes menant à la sécheresse, aux inondations et des glissements de terrain et autres événements naturels tels les éruptions volcaniques et les tremblements de terre.

Comme les institutions jésuites travaillant dans les différents apostolats, nous avons besoin d’identifier et localiser où les efforts actuels donnent du fruit et les lacunes qui subsistent. Nous devons identifier les capacités nécessaires pour que les réponses sociales et environnementales soient menées efficacement. Nous devons mieux comprendre les communautés dans les marges de la société et l’exclusion sociale existante pour que nos actions soient plus significatives avec plus d’impact. Nous avons tellement de défis dans la région Asie-Pacifique et Laudato si’ doit être traduite en actions efficaces pour que cette encyclique ait un sens et de la valeur.

Sylvia Miclat

Sylvia Miclat

Sylvia Miclat travaille avec la Science de l’environnement pour le changement social, une institution de recherche jésuite aux Philippines qui favorise la durabilité environnementale et la justice sociale à travers l’intégration des méthodes scientifiques et des processus sociaux et des réseaux partout dans la région Asie-Pacifique en promouvant la cause de la science pour la durabilité.

Print Friendly

Ce message est également disponible en: Anglais, Espagnol

Tags: , , , , ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *