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Collaborer pour une recherche transformatrice vers un développement humain durable

15 avril 2014

trans_govPedro Walpole, SJ et Sylvia Miclat

La Conférence sur la Transformative Water and Land Governance qui se tiendra ce mois-ci dans l’île de Mindanao, aux Philippines, est une manière de célébrer les 17 ans d’une initiative de Jacques Berleur SJ, du temps du Père Général de la Compagnie de Jésus, Peter-Hans Kolvenbach SJ, qui était très intéressé par la collaboration et les partenariats entre les institutions jésuites. Cette conférence constitue aussi une manière d’approfondir la vision du Père Berleur.

Le principal organisateur de ce forum est l’Institut des Sciences de l’Environnement pour le Changement Social (ESSC), un organisme jésuite de recherche aux Philippines. Son action contribue à la vulnérabilité et réduction de la des risques de catastrophe, un programme clé sur la question de l’eau dans les Philippines.

Le partenariat avec l’Université de Namur  ouvre une nouvelle perspective: les études des migrations et de la population, avec le professeur Sabine Henry, responsable du Département de Géographie. Il y a aussi une ouverture importante prévue dans le domaine de l’Economie agricole, avec le professeur Jean-Marie Baland, directeur du Département de sciences économiques, en particulier à la lumière de ce qui est célébré par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) comme 2014 l’Année Internationale de la l’Agriculture Familiale. La famille et l’agriculture à petite échelle sont liées à: 1) la sécurité alimentaire; 2) la conservation des produits alimentaires traditionnels qui favorise une alimentation équilibrée, l’agro-biodiversité et l’utilisation durable des ressources naturelles; et 3) une économie locale améliorée lorsque celle-ci est accompagnée par des politiques socialement inclusives, et non pas exclusives.

Par ailleurs, les universités jésuites européennes collaborent davantage du fait de leur intérêt à la fois dans une science du durable et dans une réconciliation sociale plus grande avec les pressions environnementales. Ici, l’Université de Namur joue un rôle crucial en particulier sur deux points: 1) elle a été en liens étroits avec l’Université Saint-Joseph, au Beyrouth, Liban; et 2) elle est bien placée pour être un point de connexion avec les universités jésuites espagnoles. En ce moment où nous réfléchissons sur la nouvelle identité de nos institutions et de notre service, cela constituera un autre lieu de discussion et d’exploration.

Le Dr Annick Castiaux, directeur académique des affaires internationales à l’Université de Namur, a été jusqu’à présent très favorable à ces discussions. Toutefois, cela nous amène plus loin dans la réflexion globale sur nos limites et la nécessité d’une réponse beaucoup plus énergique à la durabilité (sustainability).

En même temps, les écoles jésuites de commerce en Asie et dans le monde se sentent plus directement concernés par la question du durable (sustainability), question centrale en cette année du forum annuel de l’Association Internationale des Ecoles de Commerce Jésuite vers une économie inclusive. C’est là un élément clé des Objectifs de Développement Durable qui ont émergé du processus de l’ONU Rio+20 et qui s’appuie sur les Objectifs du Millénaire pour le développement pour l’après-2015.

Il est prévu des visites pré- et post-conférences au cours desquelles l’on pourra assister à un dialogue de la science et des valeurs. La science a beaucoup à contribuer au bien-être de la société et doit de plus en plus se connecter à un ensemble plus large de valeurs humaines qui peuvent communiquer plus efficacement le message scientifique; un message qui annonce que l’Anthropocène est une nouvelle ère pour le monde dont le tournant est entre nos mains. Ce sujet sera davantage développé dans l’intervention de M. Andreas Carlgren, ancien ministre de l’Environnement de la Suède, travaillant maintenant à l’Institut Newman, la première université jésuite en Suède.

A Mindanao, les participants pourront voir quelques-uns des sites vulnérables où des catastrophes se sont produites ces dernières années et où des réponses sociales importantes sont données. D’autre part, il y a aussi l’équilibre recherché dans le développement de l’agriculture en milieu rural tout en soutenant les moyens locaux de subsistance et l’environnement. C’est une relation compromise, vu comment le savoir et le savoir-faire autochtone et durable sont perdants face à l’agriculture commerciale agressive finançant la production de cultures OGM. Les paysans locaux sont incités à la nouvelle agriculture en partie à cause du système social et financier qui maintient leur pauvreté, ainsi que d’une production qui en fait les éloigne de la sécurité alimentaire.

Le chômage des jeunes, tout en étant une préoccupation nationale aux Philippines, est nettement plus prononcé dans les zones marginalisées qui sont éloignées des centres urbains, telles que les zones côtières et les hautes terres. Les options dans la vie et les moyens de subsistance pour les jeunes femmes et hommes dans les hautes terres qui ne sont pas à l’école, à la fois autochtones et migrants, sont très limités. L’effort revient à élargir les options afin que celles-ci ne se réduisent pas seulement aux grossesses précoces et aux mariages précoces, mais qu’elles s’étendent aussi aux groupes armés, ou au fait de prendre l’échelon le plus bas sur le marché du travail. Dans la conception de la formation des compétences, il est essentiel d’assurer des cours de formation des jeunes dans un cadre fondé sur les valeurs, dont les parallèles se trouvent dans leurs identités culturelles et des systèmes de valeurs externes à leurs cultures.

Cette conférence se veut en effet une manière de repenser, un déplacement, un changement d’attitude pour permettre une gouvernance transformatrice et innovante du développement et de la gestion des ressources naturelles, en particulier dans le contexte de Mindanao dans la fragilité de son environnement, de la paix et dans la diversité de ses cultures et de sa population.

Cette réunion est également la rencontre d’un groupe de personnes venues de différentes parties du globe pour étudier plus en profondeur le sens plus large de la mission et les préoccupations environnementales, l’élaboration des stratégies de collaboration et envisager des réponses pratiques contemporaines qui reflètent un soin créatif, une compassion pour un développement humain intégral, inclusif, durable et de qualité pour les personnes et les cultures.

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2 Responses to Collaborer pour une recherche transformatrice vers un développement humain durable

  1. Christine on 16 mai 2014 at 1:25

    Hi Sylvia,

    It sounds like a very interesting conference. Are the proceedings being published?

    Kind regards,
    Christine

    • Sylvia Miclat on 11 juin 2014 at 7:57

      Hi Christine

      Yes, we are reviewing how best to communicate the developments that emerged from the discussions and the exchanges. It was a very good and meaningful gathering where science and values were discussed in a creative and transformative way. We will keep people posted on this. Thanks for your continued support and kind regards.

      Sylvia

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