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Contribuant à un global post-2015 cadre de réduction des risques de catastrophe

28 février 2015
Le Secrétaire général des Nations Unies, Monsieur Ban Ki-Moon, a prononcé le discours d’ouverture à la troisième Conférence mondiale des Nations Unies sur la réduction des risques de catastrophe à Sendai, au Japon.  Dans son discours, Ban Ki-Moon a rappelé que les dégâts annuels globaux résultant de catastrophes dépassent aujourd’hui 300 000 000 000$.  «Nous pouvons regarder ce chiffre augmenter pendant que de plus en plus de monde souffre.  Ou bien nous pouvons, de façon considérable, réduire ces chiffres et investir dans le développement économique». Crédit photo: UN ISDR

Le Secrétaire général des Nations Unies, Monsieur Ban Ki-Moon, a prononcé le discours d’ouverture à la troisième Conférence mondiale des Nations Unies sur la réduction des risques de catastrophe à Sendai, au Japon. Dans son discours, Ban Ki-Moon a rappelé que les dégâts annuels globaux résultant de catastrophes dépassent aujourd’hui 300 000 000 000$. «Nous pouvons regarder ce chiffre augmenter pendant que de plus en plus de monde souffre. Ou bien nous pouvons, de façon considérable, réduire ces chiffres et investir dans le développement économique». Crédit photo: UN ISDR

Groupe de travail des Philippines (PWG en anglais) sur la résilience face aux risques de catastrophe (Traduit de l’Anglais par Raphaël Bazebizonza, SJ)

Le plan mondial actuel pour réduire les risques de catastrophe, le Hyōgo Framework for Action 2005-2015: Renforcer la résistance des nations et des communautés face aux catastrophes (HFA) arrive à son terme cette année. Les pays membres se réunissent du 14 au 18 mars à Sendai, au Japon pour la Troisième Conférence mondiale des Nations Unies sur la Réduction des Risques de catastrophe, pour évaluer les résultats du plan et préparer un programme de développement post-2015.

Les pays rendront compte des réalisations sur les cinq priorités que s’était données le HFA, à savoir:

  1. S’assurer que la réduction des risques de catastrophes est une priorité tant au niveau local que national, avec une base institutionnelle solide pour sa mise en œuvre
  2. Identifier, évaluer et surveiller les risques de catastrophe et renforcer l’alerte en temps réel
  3. Utiliser la connaissance, l’innovation et l’éducation pour instaurer une culture de résilience à tous les niveaux
  4. Réduire les facteurs de risque sous-jacents
  5. Renforcer la préparation aux catastrophes pour une réponse efficace à tous les niveaux.

Aux Philippines, des efforts considérables ont été consentis pour mettre en œuvre ces cinq priorités d’action aux niveaux local et national. Mais les catastrophes qui se sont produites depuis 2005 révèlent également que ces efforts sont encore insuffisants pour réduire les risques pour les plus vulnérables et assurer la sécurité de tous.

L’impact du typhon Yolanda (Haiyan), décrit comme le typhon le plus violent qu’a connu la terre et qui a frappé le centre des Philippines en Novembre 2013, est à la fois local et global. La tragique destruction de la nature, des vies humaines et des structures sociales a suscité une vague de solidarité humaine sans précédent, provoquant ainsi un débat autour des effets du réchauffement climatique sur les tempêtes tropicales. Au niveau local naît une plus grande prise de conscience des risques auxquels sont exposées les personnes qui, faute de mieux, vivent dans ces zones en danger.

Le groupe de travail des Philippines (PWG en anglais) sur la résilience face aux risques de catastrophe, un rassemblement de personnes provenant de divers secteurs publics et privés des Philippines et désireux de développer des idées et des actions qui créent des attitudes et des capacités qui contribuent à développer des attitudes et des capacités pour répondre aux besoins de 1,2 million de personnes exposées aux risques d’inondation et de glissements de terrain, partage les points suivants à considérer dans le développement d’un nouveau cadre de réduction des risques de catastrophe (RRD).

1. Il y a une diversité des risques de catastrophe et nous devons comprendre cette diversité pour mieux planifier et réagir adéquatement au problème.

Il y a un développement sensible dans l’identification des dangers, dans les alertes et les conseils sur les événements météorologiques. Mais on a encore besoin d’affiner notre compréhension des risques de catastrophes et les éléments qui aggravent ces risques.

Au-delà de la fréquence et de la gravité des dangers et la vulnérabilité des populations, il y a aussi les différents niveaux de vulnérabilité sociale qui se confondent avec ces dangers.

Dans des pays comme les Philippines où il y a une diversité de risques, la conscience des changements climatiques se développe. Mais la compréhension effective des dangers et des risques liés à ces changements reste encore insignifiante.

Au-delà du temps et du climat, il est nécessaire de comprendre la nature de la terre et le rapport du paysage avec l’eau. Nous devons apprendre à comprendre les risques liés aux dangers provoqués par un changement donné, et par rapport à la vulnérabilité d’une communauté particulière.

Les différents événements inattendus ont aussi différents niveaux d’impact sur les populations. Des événements à grand impact, tels que le typhon Yolanda, sont rares. Ce sont ces événements forts qui mettent à dure épreuve les efforts de la population.

Il est essentiel de mettre en place des mécanismes pour répondre à de tels événements, mais peut-être est-il encore plus important d’améliorer la façon dont nous réagissons aux catastrophes à moyen ou à grand impact qui affectent à plusieurs reprises les secteurs les plus vulnérables de la société.

Malheureusement, ces «catastrophes» ne sont pas l’objet d’une attention particulière de la part des nations et de la communauté internationale. Pourtant, s’il doit y avoir un engagement sérieux, c’est justement à l’échelle mondiale. C’est ensemble que nous pouvons commencer à construire une culture de la résilience.

Il doit également y avoir un certain niveau de flexibilité sur la façon de répondre aux risques. Très souvent, compte-tenu du contexte, il n’y a pas suffisamment d’analyses sur les stratégies d’adaptation qui permettraient de mieux gérer les catastrophes. Alors que les solutions d’infrastructures de grande envergure sont la réponse habituelle, il peut y avoir des stratégies plus appropriées et bénéfiques qui permettent une plus grande participation des communautés affectées.

2. L’infrastructure sécurisée et la préparation sociale doivent aider et encourager les communautés locales.

Jusque-ici une grande attention a été accordée à la pratique d’évacuation rapide comme une stratégie pour réduire les risques, notamment pour les communautés qui sont dans les zones à risque. Cependant, de nombreux centres d’évacuation sont inappropriés. Les écoles et les églises sont souvent les premières options identifiées pour l’évacuation, mais elles doivent être évaluées structurellement pour s’assurer de leur fiabilité. Les Centres d’évacuation et les stratégies pour le déplacement des personnes dans des endroits sûrs devraient également être spécifiques par rapport aux types de risques.

La préparation sociale est plus que nécessaire dans ce processus, ainsi que les stratégies de communication et d’alerte. Les communautés doivent avoir accès à l’information sur les dangers auxquels elles sont exposées, les voies d’issue et les endroits où trouver refuge. Les collectivités locales sont les premiers intervenants en cas de catastrophe et ils doivent avoir l’information qui leur permettra de prendre les décisions nécessaires pour leur propre sécurité.

3. Des capacités locales renforcées et une participation plus large à la bonne gouvernance réduisent les risques et offrent une plus grande sécurité des populations.

Le Hyōgo Framework for Action reconnaît que la bonne gouvernance est essentielle aux efforts de réduction des risques de catastrophes. Les éléments de la gouvernance constituent les considérations fondamentales pour une approche de la gestion des catastrophes: les plans d’utilisation des terres, les budgets et les investissements, le logement et les peuplements. Cependant, la RRD n’est pas encore totalement intégrée dans la gouvernance.

Bien que le cadre opératoire de la RRD soit national, la mise en œuvre locale de ses objectifs est encore limitée. Les unités gouvernementales locales sont en première-ligne en termes de catastrophes. Il est donc critique de renforcer leur capacité à assumer ces tâches d’autant plus que la capacité à prendre les initiatives du RRD varie considérablement. Très souvent le RRD est pris comme un «projet» et non comme un programme à long terme de travail institutionnalisé. Il faut créer des stratégies permanentes pour le gouvernement local afin de s’assurer que les activités et les réalisations du RRD sont soutenues au-delà de la politique locale et nationale.

Il est également nécessaire d’encourager une participation beaucoup plus large au sein du RRD. Les Philippines reconnaissent la nécessité d’intégrer un large éventail de points de vue et a adopté une approche RRD beaucoup plus globale: «whole of society approach». Mais la manière dont ceci est mis en pratique n’est pas claire. Les populations les plus exposées sont souvent inaudibles et n’ont pas suffisamment de moyens financiers pour s’engager dans les processus décidés par le gouvernement. Des efforts décidés doivent être déclenchés pour intégrer les perspectives locales dans l’élaboration des réponses aux risques de catastrophes.

4. L’inclusion sociale et économique est nécessaire à la réduction des risques et la création de la résilience.

L’inclusion sociale est importante dans l’action du RRD. Une fois encore, l’expérience a montré qu’il y a des peuples qui sont dans de bonnes postures et donc en mesure de faire face aux risques. Il y en a d’autres qui sont incapables de réagir adéquatement: ceux qui vivent dans des zones à risque, ceux qui sont dépourvus des ressources naturelles, ceux qui ne disposent pas d’une bonne organisation au niveau communautaire et des programmes institutionnels qui garantissent la sécurité.

Bien que la construction des infrastructures de résistance soit une priorité, les investissements pour le maintien de ces mesures et de ces opportunités économiques sont bien minimes. Les quartiers comme Samar de l’Est qui, historiquement sont déconnectés des marchés ou de grands centres d’approvisionnement, ont du mal à minimiser l’impact des événements extrêmes tels que les typhons Yolanda.

Au niveau national, il doit y avoir une stratégie pour évaluer ces moyens de survie qui sont menacés et pour trouver des voies d’issue. Le monde des affaires et le secteur privé jouent un rôle clé dans ce domaine, et le gouvernement doit aider à créer un environnement qui encourage l’investissement.

5. Le relèvement du désastre et le programme «building back better» doivent prendre au sérieux non seulement la sécurité des infrastructures, mais aussi une compréhension plus large de la sécurité humaine: les besoins et les services de base, les moyens de survie, les opportunités économiques et les relations communautaires.

La reconstruction des maisons et d’autres infrastructures sociales est une grande préoccupation pour les personnes impliquées dans la réhabilitation des zones victimes des catastrophes. De plus en plus, on reconnaît qu’une attention plus grande s’avère plus que nécessaire pour identifier les endroits ou sites sûrs et sécurisés pour éviter de déplacer les communautés d’une zone désastreuse à une autre zone potentiellement désastreuse.

Outre la sécurisation des sites sûrs, il y a d’autres défis à relever. Après le typhon Yolanda, s’est accru le besoin de réviser et de renforcer les mesures en matière de construction pour résister à des vents supérieurs à 300 km/h. Mais les associations d’ingénieurs pensent que les normes existantes sont suffisantes si elles sont respectées et appliquées comme il se doit. Malheureusement, cette responsabilité est laissée aux mains des fonctionnaires et des ingénieurs locaux qui n’ont pas la compétence requise pour surveiller le processus de construction, de l’acquisition du permis à la matérialisation de la construction.

La prolifération sur le marché des matériaux de construction de qualité inférieure constitue aussi une grande préoccupation. De gros efforts sont nécessaires pour contrôler les matériaux qui sont autorisés sur le marché et pour exiger une plus grande responsabilité de la part des fournisseurs et des consommateurs.

Les infrastructures ne sont cependant qu’un aspect de la reconstruction et du relèvement. Très souvent, la relocalisation est entreprise dans les zones problématiques où la terre est disponible, mais reste cependant inhospitalière et infertile. Ces zones sont éloignées des lieux d’origine des peuples où ils s’étaient auparavant installés, avec beaucoup de possibilités de survie et des services de base. Pour les communautés qui doivent transiter vers ces nouvelles terres, le manque de soutien et de la connectivité avec leur terre d’origine peut être considéré comme un autre type de catastrophe. L’incapacité de subvenir à ces besoins élémentaires et concrets entrave le processus de récupération.

La Science de l’Environnement pour le Changement Social (ESSC), le réseau jésuite de recherches aux Philippines qu’également facilite et coordonne les activités du PWG, envoyé personnel clé Wendy Clavano et Mariel de Jésus à se joindre à la délégation philippine à la troisième Conférence mondiale des Nations Unies sur la réduction des risques de catastrophe où ils ont participé à des ateliers et a contribué aux discussions.

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Ce message est également disponible en: Anglais, Espagnol

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