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Laudato si’, une encyclique pionnière

19 juin 2015
La vague de chaleur qui a frappé l’Inde en mai 2015 a tué plus de 2000 personnes, pour la plupart des pauvres et vulnérables.  Crédit photo: weather.com

La vague de chaleur qui a frappé l’Inde en mai 2015 a tué plus de 2000 personnes, pour la plupart des pauvres et vulnérables. Crédit photo: weather.com

S Ignacimuthu, SJ

L’encyclique Laudato si’ par Sa Sainteté le Pape François est un document de bonne augure à l’heure où la protection de l’environnement est de plus en plus importante dans le contexte actuel. L’effet de la détérioration de l’environnement se fait sentir partout dans le monde à travers le changement climatique, le réchauffement climatique, la fréquence des calamités naturelles, la perte de biodiversité, la pollution, entre autres.

L’engagement de l’Eglise catholique avec les questions environnementales découle de sa conviction que les catholiques ont la responsabilité de travailler pour le bien-être de toute la création de Dieu. Jusqu’à récemment, les documents de l’Église sur l’enseignement social ne comprennaient pas plus de détails sur l’environnement. Cependant, ces derniers temps, l’Eglise a appelé les catholiques à reconnaître l’intendance environnementale comme faisant partie de leur responsabilité chrétienne. C’est à ce moment critique que le pape est François publie cette encyclique.

Le pape emprunte les mots de Saint François d’Assise, “Loué sois-tu” comme titre de l’encyclique. Dans l’introduction, le Pape dit qu’il “voudrait entrer en dialogue avec tous les habitants de notre maison commune.” Il mentionnes aussi comment quelques uns de ces précédesseurs ont abordé ce sujet, comment de nombreux scientifiques, philosophes, théologiens et de groupes de société civile ont exprimé leur inquiétude et comment d’autres églises et comunautés chrétiennes ont offert des réflexions précieuses. Le pape cite spécifiquement les mots du patriarche Bartholomée sur “la façon dont nous avons défiguré et détruit la création.” Le pape introduit également le nom de Saint François d’Assise, le saint patron de tous ceux qui étudient et travaillent dans le domaine de l’écologie car il avait un grand amour pour l’environnement et la nature. Le pape termine l’introduction par un appel à “un nouveau dialogue sur la façon dont nous sommes en train de façonner l’avenir de notre planète.”

Dans le premier chapitre, sous le titre “Qu’est-ce qui se passe dans notre maison commune,” le pape souligne comment nos processus de développement et pratiques technologiques sont devenus une menace à la vie et de l’environnement. Le pape met en lumière certains problèmes tels que la pollution, la culture du gaspillage, la culture du jetable, le changement climatique, la crise de l’eau, la perte de la biodiversité, la dégradation de la qualité de la vie humaine, l’effondrement de la société et l’inégalité à l’échelle mondiale. Le Pape est profondément affecté par les timides réponses pour lutter contre ces calamités. Le Pape conclut ce chapitre en disant que “l’humanité a déçu l’espérance de Dieu.”

Dans le deuxième chapitre, sous le titre “L’Évangile de la Création,” le Pape propose que l’environnement est une sorte de réévaluation de soi de Dieu et ce à travers quoi Dieu est en train de nous parler. Alors que le Pape nous exhorte à se livrer au dialogue avec divers cultures et religions, il offre une vue d’ensemble qui vient de la tradition judéo-chrétienne. Le Pape affirme que “l’environnement naturel est un bien collectif, le patrimoine de toute l’humanité et la responsabilité de chacun.” Le pape aborde le récit de la création, le mystère de l’univers, le message de chaque créature dans l’harmonie de la création, la communion universelle, la destination commune et le regard de Jésus. Dans tous cela le Pape attire notre attention sur l’interdépendance de tout et de chacun dans et par Dieu. “Nous sommes tous liés par un lien invisible et formons ensemble une sorte de famille universelle.”

Dans le troisième chapitre sous le titre “Les racines humaines de la crise écologique,” le pape tente de déterminer les causes profondes de la crise écologique. Le Pape considère la technologie avec son esprit créativité et de puissance, la mondialisation et l’anthropocentrisme moderne comme certaines des causes. Le Pape appelle à un regard plus profond sur les nouvelles technologies biologiques ainsi que d’un vaste débat scientifique et social.

Dans le quatrième chapitre intitulé “L’écologie intégrale,” le Pape propose une nouvelle paradigme de la justice. Le Pape dit que “la nature ne peut pas être considéré comme quelque chose de séparé de nous-mêmes ou comme un simple cadre dans lequel nous vivons.” Le Pape parle de l’écologie environnementale, économique et sociale, l’écologie culturelle, l’écologie de la vie quotidienne, les principes du bien commun et de la justice entre les générations. “L’écologie humaine est inséparable du bien commun. Les bons moyens communs de faire des choix dans la solidarité basé sur une option préférentielle pour les plus pauvres des frères et sœurs.”

Dans le cinquième chapitre intitulé “Lignes d’approche et d’action,” le Pape répond à la question de ce que nous pouvons faire et devons faire. Le Pape prône le dialogue sur l’environnement dans la communauté internationale, le dialogue pour de nouvelles politiques nationales et locales, de la politique et l’économie en dialogue pour l’épanouissement humain et le dialogue entre les religions et la science. Le Pape affirme que “les sommets mondiaux récents sur l’environnement ont échoué à être à la hauteur des attentes!” Le Pape nous met en garde d’agir contre les forces du marché. Le Pape invite les bureaux politiques à être “courageux et à témoigner de leur dignité donnée par Dieu.”

Dans le sixième chapitre intitulé “L’éducation écologique et la spiritualité,” le Pape invite tout le monde à viser un nouveau style de vie, à s’instruire sur l’alliance entre l’humanité et l’environnement, à être prêt pour la conversion écologique, à expérimenter la joie et la paix, à promouvoir l’amour civique et politique, à comprendre les signes et la célébration sacramentaux, à trouver la Trinité et la relation entre les créatures, à considérer Mère Marie comme la reine de toute la création, et à aller au-delà du soleil. Le Pape termine l’encyclique par une prière pour notre terre.

Dans l’ensemble, cette encyclique par notre Pape François est un document historique d’une grande importance pour tous les peuples de cette planète. Le Pape a touché à toutes les dimensions liées à ce sujet important et a vraiment motivé toutes les parties concernées à participer activement à la protection de l’environnement. Cette encyclique nous aide à redécouvrir nos racines, notre interconnexion et notre interdépendance. Nous sommes appelés à réveiller notre conscience par rapport à nos devoirs et responsabilités.

En bref cette encyclique défie notre foi, enflamme notre spiritualité, excite notre conscience, suscite notre pensée, encourage notre réponse et renforce notre engagement. Vraiment, cette encyclique nous aidera à devenir des ambassadeurs de l’environnement.

2015_06_18_Story1 Photo2Père S. Ignacimuthu, SJ est le Directeur de l’Institut de Recherche sur l’Entomologie, Loyola College Chennai à Chennai, en Inde. L’institut mène des recherches sur les biopesticides, la lutte biologique, le génie génétique et la biologie moléculaire. Le Père Ignacimuthu peut être joint via son adresse électronique: imuthus(at)hotmail.com.

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One Response to Laudato si’, une encyclique pionnière

  1. Daniel Sullivan, S.J., Ph.D. on 4 juillet 2015 at 4:46

    Dear Fr. Ignacimuthu– Thank you for your excellent review of the Encyclical by Pope Francis. I have not been able to see you at Loyola College since the Fall 2004 — when I had a 2nd (and last) sabbatical from Fordham University to do entomological research with Dr. Hari Sharma at the International Crops Research Institute for the Semi-Arid Tropics (ICRISAT) in Hyderabad, State of Andhra Pradesh. Will you attend the International Congress of Entomology (ICE) in September 2016 in Orlando, Florida? I hope to see you there. God bless you, Fr. Ignacimuthu… Daniel Sullivan, S.J.,Ph.D. – Department of Biological Sciences – Fordham University, Bronx, NY 10458

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