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L’objectivité et l’urgence à la base du Dialogue de Stockholm

30 novembre 2015
Une des îles proches de Stockholm par une belle journée, gardant mémoire de la vie et de la terre alors que nous cherchons à maintenir l’échange ouvert et créatif.

Une des îles proches de Stockholm par une belle journée, gardant mémoire de la vie et de la terre alors que nous cherchons à maintenir l’échange ouvert et créatif.

Catherine Devitt (Traduction Jean Mboma, SJ)

Une réponse
Le Dialogue de Stockholm est une réponse à ce que le Pape François nous invite dans dans Laudato si’ – un nouveau dialogue, une transformation sociale en vue d’un programme mondial pour l’inclusion sociale et le Soin de la Terre. Explorer le rôle des valeurs dans la science de la durabilité offre l’occasion d’évaluer la façon dont une transformation sociale et écologique significative et durable peut être menée. Les membres du Réseau Mondial de Plaidoyer Ignacien (GIAN)-Ecologie  sont intervenus dans la deuxième journée du Dialogue de Stockholm  pour explorer avec les membres du Stockholm Environment Institute (SEI)  la relation entre l’objectivité scientifique et l’urgence sociale inhérente à ce que nous appelons «la science de la durabilité» – une science qui souligne et vise à traduire en action pratique, la transformation sociale qui englobe l’inclusion sociale et l’intégrité environnementale.

Parvenir à un changement de mentalité en vue de la transformation sociale
Animé par Jose Ignacio Garcia, SJ, le deuxième jour du dialogue fut ouverte par un appel à un changement de mentalité. Dans la réalisation de ce changement de mentalité, Robert Watt du SEI souligna l’importance non seulement de communiquer la science, mais de communiquer des valeurs à travers les façons dont la science est formulée, menée et publiée. Cependant, un défi à cette entreprise est que tandis que la science et la communication de la science mettent l’accent sur le logos (la raison, la logique et la rationalité), cela se fait souvent au détriment de l’ethos (en termes de crédibilité) et du pathos (en termes de valeurs et croyances). Pour atteindre une communication efficace, tous les aspects de cette triade sont requis d’une manière qui cadre avec le système de valeur de la société. Cependant, à l’ère de la saturation de l’information, la communication en science de la durabilité doit tenir compte et réfléchir sur le volume d’information qui est partagée, l’accès à et la propriété de l’information, et la transparence dans les processus de prise de décision et de communication.

Carmen Valor, de la Faculté d’économie et des affaires de l’Université Pontificale Comillas en Espagne, nous a informés que si nous voulons aller de l’avant, nous avons besoin d’un autre type d’approche qui ne vise pas seulement à se contenter de promouvoir des changements au sein du système, mais une approche qui change le système lui-même. Les stratégies à cette fin doivent englober des approches interdisciplinaires en matière de recherche et d’action qui embrassent et comprennent dans une relation symbiotique, le niveau de l’agent individuel, les champs organisationnels, et les différents contextes idéologiques, les paradigmes et les discours qui façonnent la vie quotidienne. La preuve d’une approche différente dans la façon d’aborder la science a été fournie par Fiona Lambe de SEI qui, en utilisant l’exemple de la promotion de fourneaux de cuisine au milieu des communautés locales dans les pays en développement, a montré que le processus de la science durable repose essentiellement sur l’expérience, l’écoute et l’autonomisation des communautés et des acteurs locaux dans le processus même de la recherche.

Jesuits seek to engage with the three calls: on sustainability science and values, on a world at risk, and on inner life and simplicity – with Scholastic Henry Longbottom from the UK, Michael Czerny from Rome, Pedro Walpole from the Philippines, and Jaime Tatay from Spain

Les Jésuites cherchent à répondre a trois appels: sur la science de la durabilité et les valeurs, sur un monde qui fait face au risque, et sur la vie intérieure et la simplicité – avec le Scholastique Henry Longbottom du Royaume-Uni, Michael Czerny de Rome, Pedro Walpole des Philippines, et Jaime Tatay d’Espagne.

Le rôle de Laudato si’ dans la transformation sociale
Michael Czerny, SJ nous a invités à réfléchir sur le rôle de la religion, et en particulier l’encyclique, à la transformation sociale. Alors que le document papal n’est pas un document de politique, elle vise l’élaboration des politiques et est donc extrêmement importante dans le contexte plus large des objectifs de développement durable nouvellement établies et de COP21. Depuis le Sommet interreligieux à New York en Septembre 2014, différentes perspectives religieuses ont activement renforcé et rendu explicites leurs déclarations de foi qui intègrent la nécessité d’un engagement urgent de lutter contre les effets du changement climatique. Ces déclarations de foi sont officiellement présentées au COP21, et avec l’éventuel impact politique, elles offrent un pont entre ce qui peut être essentiellement considérée comme le message et la plateforme de l’Écriture sainte – cœur et esprit – et le monde de la politique environnementale et climatique. Laudato si’ offre beaucoup de conseils. Il nous enseigne que «lorsque la culture elle-même est corrompue et que la vérité objective et les principes universellement valides ne sont plus défendus, alors les lois ne deviennent comme des impositions ou des obstacles arbitraires à éviter» (LS 123). Nous sommes rappelés qu’«une politique saine doit être en mesure de relever ce défi» (LS 197). L’encyclique nous rappelle qu’il ne peut y avoir de séparation entre la science et les valeurs «quand nous sentons que Dieu nous appelle à intervenir avec d’autres dans ces dynamiques sociales, nous devons réaliser que cela aussi fait partie de notre spiritualité, qui est un exercice de la charité et, en tant que telle, nous mûrit et nous sanctifie» (LS 232).

Créer un espace pour le dialogue
En fin de matinée, la session a été divisée en quatre sessions spécifiques sur le dialogue. L’espace de dialogue Insuffler l’espoir a reconnu qu’il y a une tendance pour nous de devenir désabusés en essayant de parvenir à un véritable changement efficace – des espaces de réflexion et de confiance sont importants pour instiller l’espoir, comme une acceptation de l’échec, un attribut essentiel de Laudato si’.

Les histoires sont un ingrédient essentiel pour bâtir des communautés, et ceci est important pour influencer le discours. La session de La narration des Contes a trouvé que se concentrer sur des récits d’histoires personnelles peut fournir un moyen utile de responsabiliser et d’activer les citoyens, offrant ainsi un espace pour l’explication et la découverte, ainsi qu’une plateforme pour communiquer la science. Cependant, la narration en science peut aussi être coercitive; cette propension doit être approchée avec précaution, et l’usage et la présentation d’histoires personnelles en science de la durabilité doivent se montrer perspicace en matière d’histoire humaine.

La session Apprentissage mixte a observé que combler le fossé entre l’exploration scientifique et le changement social au sein des communautés demeure un défi. Un mariage entre la science et les valeurs fournit la seule approche capable de combler cette lacune, mais cela requiert une flexibilité qui permet à la science de faire partie de la solution plutôt que du problème, qui permet à la recherche de faire l’expérience plutôt que principalement rassembler ou recueillir.

La session Quel changement nous recherchons a reconnu que tout en réalisant qu’un changement de mentalité est nécessaire pour une science de la durabilité, ce changement devrait être essentiellement sur la création de relations entre les gens. Un objectif central dans la science de la durabilité doit être d’abord de visualiser un avenir souhaité avant d’établir des objectifs précis. Ce processus est réalisé en engageant un dialogue actif.

Johan Kuylenstierna, directeur exécutif de SEI, explique la croissance spectaculaire des mégalopoles de 1950 à 2015 et où les besoins humains doivent être abordés, et il pose la question, «Commençons-nous à collaborer ou juste rafler?»

Johan Kuylenstierna, directeur exécutif de SEI, explique la croissance spectaculaire des mégalopoles de 1950 à 2015 et où les besoins humains doivent être abordés, et il pose la question, «Commençons-nous à collaborer ou juste rafler?»

Labourer la Terre
La deuxième journée du Dialogue de Stockholm a conclu avec Pedro Walpole, SJ qui a réfléchit sur la discussion et les interactions qui avaient fait du Dialogue une rencontre réussie. Bien que nous sommes invités à aller de l’avant, le Dialogue a permis un «labour de la terre», ouvrant à plus de discussion, permettant le semis des idées et la possibilité d’émergence de nouvelles orientations et de nouveaux dialogues. Le Dialogue a ouvert un champ de solidarité, et il y avait une compréhension que cette expérience a été pénétrante et utile en nous gardant bien fondés tout en nous permettant de croître au sein de nos propres œuvres. Le Dialogue nous a rappelés combien il est important d’envisager, et de mettre en place, le type d’avenir que nous désirons. Pedro nous a également rappelés que cela nécessite non seulement un engagement personnel, mais aussi un engagement institutionnel afin de faire la différence. Dans ce processus, il y a besoin d’avoir de l’empathie avec la réalité de la souffrance, le doute et la peur – et de rechercher et de partager la solidarité avec la majorité du monde qui connaît cette condition. Nous sommes invités à réfléchir sur Laudato si’, un document qui fait la lumière sur la sombre réalité de notre monde d’aujourd’hui, et offre beaucoup d’espoir à travers la solidarité et le dialogue qu’il promeut.

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