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Trouver des chemins prometteurs dans la crise du COVID-19

15 mai 2020
Ecojesuit editorial_LS Week_Covid

Participations à #SketchingforChange2020, Drawing Laudato Si: Œuvres d’art de (en haut à gauche) Margarida Alvim, Lia Edodollon, Desiree Ann, Raiza Javier, Wynken Gelito, et photo par Sheen Orihuela

Traduit par le scolastique Gilbert Lasway SJ

Alors que les pays sont aux prises avec les conséquences sociales et économiques de la pandémie, nous constatons dans l’ensemble de l’humanité l’accroissement de la compassion, compréhension et une reconnaissance de ce qui a conduit le monde à cette crise. Nombreux aussi sont ceux qui s’occupent des arguments pour aller de l’avant. Il existe une confusion mais celle-ci n’empêche pas l’appel à un engagement commun pour un changement radical.

Cette grande compassion est exprimée sachant que des milliards de personnes n’ont pas de services médicaux et vivent dans des conditions épouvantables qui favorisent la propagation du virus. ¿ Comment peut-on enfermer des personnes qui n’ont pas d’adresse permanente ou qui disposent de minuscules espaces et qui n’ont pas accès à l’eau et à la nourriture ? Il existe aussi une profonde angoisse mentale causée par la souffrance de nombreuses personnes.

COVID s’attaque également à notre conscience, nous obligeant à faire face à la réalité et aux défis quotidiens. Nous sommes appelés à examiner nos consciences surtout comment nous considérons les autres.

Pourtant, s’il n’y aura pas d’actions pilotes et de bons dirigeants pour faciliter et systématiser le changement, cette reconnaissance de la réalité et cette effusion de compassion de la part des autorités locales, régionales et nationales peuvent être oubliées lorsque se terminent les confinements.

La crise du COVID-19 nécessite de prendre en compte plusieurs crises car une seule mauvaise décision pouvait ramener le problème ou même créer une autre catastrophe plus chronique.

En dessinant la carte de la réponse aux crises au-delà des défis médicaux immédiats qui sont nombreux, on distingue quatre domaines qui sont généralement séparés et épinglés dans des coins différents. En réalité, ce que nous mettons dans un coin marginalise ce problème dans nos esprits mais ne réduit pas son impact qui ne fait que s’aggraver dans le monde.

Parmi des nombreux exemples que nous pouvons donner ici est la crise de l’eau dans des nombreuses villes Asiatiques qui empêche même l’exigence sanitaire de base de se laver les mains. Ceci est attribué à des habitats informels dans des nombreuses zones urbaines surpeuplées par les communautés pauvres.

Le monde n’est pas plat, et ces marges doivent être rassemblées dans notre cœur pour former un tout. La terre, en tant que globe qui continue son cycle de vie, n’est pas un ensemble de modes de vie ou d’écosystèmes indépendants.

Des vulnérabilités
Le virus a exposé la vulnérabilité humaine qui se montre chronique dans le monde entier. Tant de personnes vivent dans une telle vulnérabilité et une douleur profonde se ressentie dans l’humanité.

Celle-ci est littéralement répandue sur tout le territoire. Pour instance, dans des grandes villes et dans les denses populations urbaines, l’on ne peut y avoir des mesures telles que la distanciation sociale, un confinement qui du grand part n’a qu’augmenté les misères caractérises par le manque de la nourriture, d’assainissement. La période du confinement a été pour des nombreuses personnes un moment d’incertitude et d’angoisse insupportables. Dans les zones rurales, la dégradation de la terre en grande partie causée par la désertification et l’exploitation minière, a réduit la capacité de la production agricole menant à l’aggravation des conditions de vie déjà défavorables. La destruction de la biodiversité qui se constate dans poussières régions du monde, nous met de plus en plus en contact avec le virus.

Une autre vulnérabilité se présente dans le un grandissant nombre des millions de migrants vulnérables qui quittent leur pays pour trouver du travail qui dans la plupart des cas, se manifeste servile et exploiteur.

COVID-19 a mis en lumière les personnes vulnérables, et les chiffres suivants des organisations internationales reflètent notre époque terrible : 272 millions de migrants internationaux, 26 millions de réfugiés, 41 millions de personnes déplacées, 4 millions d’apatrides, 150 millions de sans-abri, 1,6 milliard de personnes sans logement adéquat, 200 millions de chômeurs. Toutes ces personnes ne font pas partie des 821 millions de personnes souffrant de faim chronique.

Les régimes de distribution et de vente de produits alimentaires font toujours défaut. Il existe de nombreux endroits dans le monde où l’on cultive plus de nourriture pour le bétail (1,9 milliard) que pour les besoins des populations locales. Il n’est plus possible d’ignorer des telles choses.

Cependant, nous constatons des institutions tandis nationales que mondiales qui jour après jours luttent à nouveau contre ces réalités. Il existe également des milliers de communautés qui grâce à la simple expérience du vivre ensemble, se partagent le peu qu’elles possèdent et vivent de la solidarité et de la joie indicibles. Leur cri est humain est soutenu par leur Dieu qui aussi pleure de joie.

L’environnement compromis et de plus en plus dégradé
Le stress excessif sur l’environnement est inséparable de la crise qui a entremêlé les causes fondamentales de cette pandémie.

Près de 70% de la couverture terrestre naturelle a changé et est dégradée. Nous constatons déséquilibres écologiques en ce que concerne la qualité de l’air, de la température, de l’eau, du sol et de la biodiversité. Ces 30% sont considérés comme un coin du monde que nous considérons comme vierge et où nous pensons également avoir fait du bon travail en matière de conservation. Mais en réalité, nous avons bâclé le travail d’intégration et de recherche d’équilibre.

Le monde est de plus en plus un environnement, notre nid si vous voulez, que nous recréons à notre propre image, sale et gaspilleuse. Nous parcourons les ressources de la terre à un rythme effréné sans que la force de la gravité (c’est-à-dire le renouvellement) ne nous maintienne en place. Nous tournons en rond sans savoir que nous allons atteindre le point zéro avec huit milliards de personnes à bord.

Les villes, la terre, l’eau, mais aussi les marchés (et le gaspillage de la consommation), laissent tomber des milliards de personnes chaque jour. Le mythe d’une croissance sans équité est exposé.

Les villes devraient être un milieu de vie, un environnement créé par l’homme qui se soucie des autres. Pourtant, les villes sont devenues des lieux d’exploitation extrême où l’on traite l’homme plus mal que l’animal que l’on mange.

Pendant un moment durant cette crise, la conscience humaine est éveillée, et aucune logique économique ne peut obscurcir les contradictions révélées dans les relations brisées entre l’environnement et les gens.

En répondant à une crise, l’environnement joue un rôle qui peut être utile et flexible. Mais en raison des exploitations soutenues et du manque de prise en compte des coûts écologiques, nous avons atteint plusieurs limites sans options possibles.

Nous nous contentons d’affirmer qu’il faut « couper plus de forêts pour nourrir plus de gens » mais nous refusons de reconnaître que ceci est un faux argument. Nous décidons également de construire des barrages sur plus de rivières pour avoir plus d’eau, mais aujourd’hui, cela entraîne la perte d’accès pour les autres. Nous n’envisageons pas de réduire le gaspillage dès l’eau et nous utilisons la technologie pour étendre le problème et la pression sur la nature. Nous n’avons guère enregistré les typhons désastreux, les essaims de criquets, les incendies, les déversements et l’état chronique de l’Amazonie.

Le pape François crie contre l’hypocrisie de ceux qui détruisent la création.
« Cette crise nous affecte tous, riches comme pauvres, et met en lumière l’hypocrisie. Je suis préoccupé par l’hypocrisie de certaines personnalités politiques qui parlent de faire face à la crise, du problème de la faim dans le monde, mais qui fabriquent entre-temps des armes. C’est le moment de se convertir de ce type d’hypocrisie fonctionnelle. C’est le moment de l’intégrité. Soit nous sommes cohérents avec nos convictions, soit nous perdons tout. » (Extrait d’une entrevue avec le pape François, Un temps de grande incertitude, 8 avril 2020)

Pourtant, nous apprécions également la fonte des neiges, les fleurs printanières, les chants d’oiseaux, les animaux itinérants, les saisons des fruits et les récoltes alors que nous nous déplaçons à travers les zones terrestres du nord au sud. Quand une autre espèce disparaît, nous pleurons avec le Créateur car une partie de la gloire de Dieu est perdue. Nous savons quelles minuscules graines d’espoir nous sommes et, lorsque nous enseignons aux enfants à faire l’expérience des dons de la vie, nous devons d’autant plus tendre la main et prendre soin de nous. Nous voyons le pouvoir régénérateur de la guérison de la terre et la mer, fruits et oiseaux.

Tout ce qui est bon peut s’épanouir avec l’humanité si nous cherchons à agir ensemble, si nous faisons confiance et recherchons le bien commun. ¿ Comme après le déluge, dirons-nous aussi après COVID-19 que cela ne se reproduira plus ?

Un paradigme financier mondial en mutation
En termes simples, les entreprises et la politique dans de nombreux domaines pèsent globalement le coût des emplois contre le coût de la vie afin de générer une politique immédiate soutenant les générateurs économiques à se déplacer. Les partisans du statu quo et les opérations dominantes qui recueillent un grand pourcentage des bénéfices d’une élite se fondent sur un paradigme fiscal calculé et traditionnel qui maintient une grande partie du monde en place.

Il existe cependant de plus grandes roues qui broient lentement, mais de manière urgente, les changements provenant des centres financiers mondiaux. Le paradigme s’est considérablement ouvert au changement depuis la crise financière mondiale de 2007-2008 qui a pénalisé les économies errantes, reconnaissant la vulnérabilité de milliards de personnes et le danger de l’augmentation du carbone. Étonnamment, des noms comme Angela Merkel (chancelière allemande depuis 2005), l’économiste et banquier Mark Carney (gouverneur de la Banque d’Angleterre de 2013 à 2020), António Guterres (9e secrétaire général des Nations unies et entré en fonction en janvier 2017) et l’économiste bulgare Kristalina Georgieva (présidente et directrice générale du Fonds monétaire international depuis 2019) sont en train de devenir des personnes qui feront la différence.

Ils sont à la recherche de mesures correctives en alimentant les emplois dans le sens d’une énergie durable et d’une suffisance alimentaire, tout en réduisant les inégalités et les émissions de gaz à effet de serre. Lorsque les principes de durabilité ne suffisent pas à attirer les nations plus petites et plus pauvres, la conception financière peut permettre un engagement en faveur du carbone.

Au niveau local et national, nous devons chercher à soutenir et à saisir ces opportunités pour orienter nos réponses vers ce qui guérit les relations plutôt que vers ce qui construit les élites. L’économie peut être axée sur le maintien des relations sociales et environnementales et non sur leur opposition.

La bulle du précariat
L’émergence d’une classe marginale implique que les gens sortent de la pauvreté et se placent légèrement à la limite supérieure de la vulnérabilité. Dans une économie de marché mondiale, ils sont les travailleurs indépendants et les travailleurs contractuels à l’heure zéro qui vont et viennent dans divers emplois qui ne donnent aucun sens à leur vie, confrontés à l’insécurité, sans stabilité des salaires, des avantages et des droits.

Ils pourraient y arriver au cours de leur vie, mais pour l’instant, il y a des millions de travailleurs dans le domaine de l’externalisation des processus d’entreprise (BPO), y compris dans les technologies de l’information (TI) et les centres d’appel, dans les services de transport et de livraison de nourriture, et dans le commerce électronique où les gens saisissent (jeu de mots) l’occasion d’être plus nombreux.

Il s’agit d’un nouvel environnement social qui connaît des possibilités de vulnérabilité, d’indépendance et de participation avec des risques élevés et sans avantages.

Décrit comme le « précariat » en 2011 combinant précaritéet prolétariat, les personnes de cette classe aspirent mais n’appartiennent pas. Ils sont mécontents de la façon dont les choses se passent et forment un vote populiste non calculé. Croissant depuis le printemps arabe, ils n’ont rien à perdre. Pour exagérer la dynamique, ils combattent la médiocrité et le statu quo, comme une guerre technologique virtuelle. C’est le pourcentage d’incertitude le plus critique dans le monde, un coin qui est surtout en mutation. La vulnérabilité expose cette bulle « lucrative » ; lucrative parce que ces personnes peuvent être utilisées par celui qui promet le plus de changement.

¿ Quelles sont donc les voies à suivre ?
Il existe des actions locales sur le terrain qui donnent beaucoup d’espoir et d’aide, et qui doivent être renforcées et mises en relation avec la perspective révisée d’une humanité confrontée à de graves inégalités et à la pauvreté. ¿ Pour la population politiquement vulnérable qui est influencée par la nécessité de survivre, comment prendre ensemble des décisions pour sa stabilité ?

Il existe des programmes financiers de premier plan qui viennent d’en haut, mais ils doivent être renforcés socialement par la base. ¿ Quand acceptons-nous globalement le coût de la vie durable sur cette terre ? ¿ Pouvons-nous sérieusement nous engager à changer radicalement et à trouver les voies de l’avenir qui permettent de garder le cap pendant une génération ?

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